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“J’étais dans la paix, mais dans une paix royale”

Témoignage de Nicolas
Nicolas grandit dans une famille catholique sans une véritable vie de foi. Son épouse Séverine elle, vit entièrement la sienne. Deux mondes se rencontrent à travers leur amour. Lors d’une retraite où elle réussit à l’entrainer, il va vivre une expérience transformante : il découvre Dieu dans sa toute patience. Nicolas bascule alors dans une paix intérieure et entame un chemin de foi à travers lequel, petits pas après petits pas, le Seigneur va le conduire à rejoindre son épouse.

Je m’appelle Nicolas. J’ai 50 ans. Je suis issu d’une famille catholique pratiquante, mais, quand je dis pratiquant, c’est plutôt pratiquant le dimanche. En tout cas, je n’avais pas de vie de foi, je ne priais pas à la maison. On n’avait pas de vie de prière.

Jusqu’à ce que je rencontre Séverine, mon épouse maintenant, que j’ai connue il y a 26 ans. Et un contraste de deux mondes puisque Séverine était catholique pratiquante. Elle avait une vraie vie de foi parce qu’elle avait même hésité, à un moment donné, à s’orienter vers le monastère, et donc une vie de foi personnelle.

On s’est mariés. Pendant nos dix premières années de vie de famille, ça a été très dur pour Séverine, parce que je n’avais qu’un seul mot à la bouche, c’était non : dès qu’elle me proposait quelque chose, c’était non. Ce qui fait que Séverine essayait par tous les moyens de me faire faire des choses catholiques, à la messe… Et j’étais plutôt récalcitrant, avec toujours ce non à la bouche. Je crois que je l’ai fait beaucoup souffrir. Je l’ai fait pleurer. Je ne m’en suis pas rendu compte.

Et puis, dix ans ont passé. Et des amis nous ont proposé d’aller faire une retraite dans un lieu de pèlerinage. Et curieusement, alors que j’étais pas du tout attiré par ça, j’ai dit oui. Et je suis arrivé dans cet endroit avec plein de monde, des grandes tentes, des gens qui avaient des attitudes que je ne connaissais pas. Et, curieusement, ce qui m’a touché à ce moment-là (alors que j’aurais pu être heurté, partir en vitesse), c’est que j’étais libre pendant ces journées. Vous savez, dans une retraite, c’est très chronologique avec des choses à faire. Curieusement, j’étais libre : première bonne nouvelle.

Deuxième bonne nouvelle : je ne voyais que des gens souriants qui m’accueillaient, qui étaient à mon service… C’était formidable ! Et puis un matin, ma femme part écouter une conférence. Et puis je lui dis : « Va à ta conférence. Moi, je vais me balader. » Et j’étais sur un endroit avec un grand espace boisé. Et qu’est-ce que je vois : je vois une ribambelle de prêtres en train de confesser. Alors la confession pour moi…ça datait d’il y a 20/25 ans. Et, je ne sais pas pourquoi là encore, je me suis dit : « Ils y sont, pourquoi pas moi… » Je me suis retrouvé devant un prêtre charmant. Je ne savais pas quoi lui dire. Donc, je pense que je lui ai expliqué un peu mon histoire. Et la seule chose qu’il m’a dite, en tout cas que j’ai retenue, c’est : « Le Seigneur vous a attendu. » Le Seigneur m’a attendu : ça a vraiment été un électrochoc. Je ne sais pas du tout ce que je lui ai dit après, avant. J’ai quand même eu le sentiment que ma confession n’était pas top, vraiment intéressante. Mais, en même temps, j’ai senti qu’il y avait un avant et un après. J’étais dans la paix, mais dans une paix royale, vraiment superbe. Je me suis retrouvé sur un banc, entre deux espaces. Je ne savais pas quoi faire, j’étais hagard. Cette paix, elle s’était transformée en une joie intérieure énorme. Mais, malheureusement, rien ne pouvait sortir.

Ce qu’il y a d’amusant c’est que c’est à ce moment-là que ma femme est arrivée et qu’elle m’a vu. Et quand elle vous en parle, elle parle du fait qu’elle avait vu que quelque chose s’était passé, (elle ne savait pas quoi), que j’étais incapable de parler. La seule chose qui s’est passée et que je sais c’est que je n’arrêtais pas de pleurer parce que j’étais incapable de retranscrire en paroles ce qui s’était passé là, qui était enfermé dans une cage, un cœur de pierre où sans doute, le Seigneur avait commencé à faire une belle fêlure, c’est clair.

J’arrive quand même à parler. On part se balader et, curieusement, dans un endroit où il y avait beaucoup de monde (c’était au mois d’août, plus de 5 000 personnes qui étaient dans ce pèlerinage), je retrouve le prêtre qui m’avait confessé et qui arrive vers moi et qui me dit : « Nicolas (il avait retenu mon prénom), j’ai un texte pour vous. Donc, donnez-moi votre numéro de téléphone. » Et donc, le soir-même, je reçois le message de ce prêtre : « Il y a une chose que vous devez savoir, mes frères, c’est que, pour le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne retarde pas l’achèvement de ce qu’Il a prévu, mais Il use de patience envers tous pour que chacun puisse être conduit au repentir et… », je ne sais plus la suite. L’idée c’était ça : j’avais beau être là (j’avais 37 ans à l’époque), le Seigneur m’avait attendu pendant 37 ans. 37 ans c’était, pour le Seigneur, rien du tout ! Et cette notion de temps, j’en n’ai pas bien pris conscience à ce moment-là, je pense. J’en ai pris conscience par la suite.

Parce que la session s’est déroulée. On est rentrés et la vie a repris presque normalement. Un an après, c’est quand même un signe pour moi, on s’était dit qu’on ferait la même retraite. Et, malheureusement, je me suis ouvert la jambe trois jours avant la retraite. Donc j’ai pas pu y aller. Et je me suis retrouvé en vacances, sur un lieu de vacances, mais avec le profond sentiment que ma place n’était pas sur ce lieu de vacances, qu’elle était ailleurs. Et donc j’ai découvert le manque. Par ce manque, j’ai découvert qu’il me manquait quelque chose, que j’avais vraiment vécu quelque chose de fort dans cette retraite par cette confession.

Et voilà. Tout ce qui a suivi après, c’est une période où, par des petites touches, des petits pas, avec le temps qui n’était pas le mien, qui était le temps du Seigneur, j’ai eu un chemin de foi qui m’a permis de rejoindre mon épouse.

Et, pour finir, j’ai l’habitude de dire que, dans ma vie avec mon épouse, c’est ma femme qui était la locomotive et moi le wagon de charbon qui, au début, tirait le frein à fond en arrière. Et que cette vieille locomotive, ce vieux train s’est transformé en un TGV avec deux motrices qui nous permet d’avancer en couple, chacun avec notre vitesse : parfois l’un tire l’autre, parfois l’autre tire l’autre, mais en tout cas d’avancer ensemble dans cette vie de prière et de découverte du Seigneur. Et pour moi, c’est une vraie joie, aujourd’hui.

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