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“Le seul mot que je pouvais dire, c’était « Merci. »”

Témoignage de Guillaume
Malgré son esprit scientifique, Guillaume se retrouve face à une personne handicapée incapable de parler et lui demande de répondre à une question... Un bouversement va s'opérer dans son coeur !

Bonjour, je m’appelle Guillaume, j’ai 48 ans. Au début de mes études, j’ai rencontré Magali qui elle, était scientifique également, mais qui était croyante et pratiquante. Et donc, je trouvais ça bizarre parce que, pour moi, à l’époque, la foi et la science ça n’allait pas vraiment ensemble. Mais bon…on est tombés amoureux. Moi, j’ai été élevé dans des valeurs de tolérance. Donc, je tolérais qu’elle aille à la messe, voire, éventuellement, je l’accompagnais. Mais je laissais tout ça à distance c’est-à-dire que je ne cherchais pas à comprendre vraiment ce qu’elle vivait, ce que ça représentait pour elle, tout en sachant pourtant, que c’était extrêmement important.

Du coup, la question de Dieu s’est quand même posée pour moi et j’ai commencé à rechercher. Et, sans raconter tous les détails, je me suis retrouvé dans une association où on s’occupe de jeunes enfants handicapés : on passe du temps avec eux et le but c’est de vivre la rencontre. Dans cette association, on part en groupes, bien sûr, mais en binômes dans le sens où on nous attribue en enfant dont on va s’occuper plus particulièrement et avec lequel on va essayer de vivre la rencontre.

Je suis parti avec Charles-Étienne. Charles-Étienne qui avait 11 ans, une tête d’ange, tout mignon mais qui est autiste, donc une blessure de la communication, c’est-à-dire que Charles-Étienne ne parle pas. Il ne regarde jamais dans les yeux et il n’y a pas de contact physique sinon, parfois, malheureusement, violent. A l’issue du pique-nique, les autres faisaient la sieste mais lui non. Donc, on est partis se promener. On était au bord d’un canal.

Et là, j’ai fait un truc qui peut paraître complètement absurde, scientifiquement, je vous l’ai dit, Charles-Étienne, il ne parle pas mais je lui ai posé une question. Je lui ai demandé : « Charles-Étienne, je veux que tu me dises qui est le Christ. » Et, naturellement, il ne m’a pas répondu. Mais il s’est assis. Alors, je me suis assis à côté de lui. En fait, au fond de moi, j’avais la certitude qu’il devait répondre à ma question. Et donc, je le regarde et je fais : « Écoute, Charlie, tu n’as pas répondu à ma question. Je veux que tu le fasses. » Et là, il me regarde dans les yeux, il prend mon visage dans ses mains, et il m’embrasse.

Et donc là, moi, j’ai été touché à un endroit où j’avais jamais été touché. Et je me suis mis à pleurer, mais pleurer des larmes de joie pendant vingt minutes. Le seul mot que je pouvais dire, c’était « Merci. »

Alors, pour autant, moi j’ai la tête dure. Je suis lent et donc, si vous m’aviez demandé à ce moment-là si j’avais la foi, je vous aurais répondu non. Mais quand même, il s’était passé quelque chose que je ne pouvais pas occulter.  Alors, je passe sur certains détails mais j’ai été amené à m’interroger sur la prière. Et donc, je me suis retrouvé dans une retraite, en silence, sur le thème de la prière.

Et là, ça a été très compliqué parce que, ça avait beau être une retraite en silence, il y avait des temps d’enseignement. Tout avait l’air évident, le point de départ pour les gens qui étaient assis à côté de moi, mais, pour moi, pas du tout. Et après, il y a tout un raisonnement scientifique : si l’hypothèse n’est pas bonne, on peut faire le raisonnement qu’on veut, la conclusion, ça ne vaut rien. Et donc, tout ça, je le notais. Et même, je l’écrivais. Et j’écrivais à Magali qui était partie faire son stage de fin d’études à l’étranger. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’elle a vu ce que moi je n’avais pas encore compris. Et, quand elle est revenue de son stage de fin d’études, on a choisi de se fiancer, de faire une préparation au mariage dans le cadre de l’Église. On s’est mariés à l’Église et il s’est encore passé un certain nombre de choses. Et en fait, au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que je n’avançais plus.

Et là, je me suis retourné, j’ai regardé tous les cadeaux que j’avais reçus et je le suis fait ce raisonnement : « Oui, Guillaume, c’est bien mais c’est pas Noël tous les jours. » Et on avait beaucoup réfléchi sur l’engagement, pendant la préparation au mariage. Et là, j’ai compris que, moi, il fallait que je fasse un pas et que j’avance vers l’engagement, vers le baptême. Malgré ça, je suis lent, j’ai la tête dure. Et en fait, il m’a fallu encore plusieurs années pour comprendre qu’est-ce qui s’était passé avec Charles-Étienne.

Et dans la Bible, d’une certaine manière, on dit, les pauvres ont une place très importante, les petits, comme Jésus les appelle, occupent une place très importante. Et moi, vraiment dans la rencontre avec Charles-Étienne, j’ai réalisé que Jésus s’était présenté à moi, personnellement. Et cette réponse qu’Il m’a fait, en m’embrassant sans parole, pour m’expliquer vraiment le cœur de la foi, en fait, c’est ça : c’est l’amour de Jésus qui s’exprimait pour moi, personnellement, à travers ce jeune.

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