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Vincent Niclo « Dans la mode, dans l’art, dans la culture, Jésus est partout »

Chanteur, comédien, acteur, Vincent Niclo a enchaîné les succès populaires et les albums certifiés disques d’or et de platine. Avec plus d’un million d’albums vendus à son actif, le ténor le plus populaire de France a sorti cet hiver « Esperanto ». Avec les cinq prêtres orthodoxes révélés dans la saison 2020 de The Voice, il interprète les plus grands standards de la chanson française, des inédits et de grands airs lyriques. L’1visible l’a rencontré pendant l’enregistrement de quatre titres en live à l’église Saint-Serge-de-Radonège à Paris.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE MEYER

Qui êtes-vous, Vincent Niclo ? Un Français, un Parisien et un ténor. Je chante et j’ai eu la chance de chanter dans de nombreux pays, d’avoir sorti plusieurs albums, tous très différents.

Vous êtes passionné de musique depuis tout petit ? Oui. Mon père est chanteur et musicien et j’ai appris la musique avec lui. Il m’a poussé à passer mes premiers concours dès l’âge de cinq ans. Je ne me destinais pas au répertoire classique, mais j’ai eu un choc en entendant Pavarotti à la radio pour la première fois. Il m’a fait pleurer, c’était magnifique. J’ai travaillé avec un professeur de l’opéra de Paris qui m’a dit : « Oui, je pense que tu peux le faire » et j’ai pris la décision de m’orienter dans cette direction du jour au lendemain.

Avez-vous suivi un parcours académique classique par la suite ? Non, je suis complètement autodidacte. J’ai eu la chance de croiser les bonnes personnes au bon moment. Depuis toujours, ma vie est parsemée de rencontres, fortuites ou pas. Aujourd’hui je monte un projet avec des prêtres orthodoxes et si l’on me demandait quel est mon rapport à la religion, à la foi, je répondrais que je suis croyant, c’est sûr, mais que je n’ai pas réussi à mettre un nom sur ma croyance, à l’identifier. En revanche, à chaque fois que je me suis adressé au ciel, que j’ai imploré le ciel, ça a marché et, au cours de ma vie, un certain nombre d’anecdotes m’ont prouvé que nous étions connectés à quelque chose.

Ce qu’on appellerait des « clins-Dieu » ? Oui c’est exactement cela ! (Rires.) C’est pas mal, ça.

Ces rencontres fortuites ont donné l’album « Esperanto », mais aussi le magazine Jésus, dont vous êtes devenu le rédacteur en chef le temps d’un numéro ! Quand on m’a proposé de participer à ce magazine, j’ai cru que l’on voulait faire de moi comme un étendard de la chrétienté, ce qui m’a fait un peu peur car c’est un sujet que je ne maîtrise pas bien, je ne me sentais pas légitime… Puis on m’a expliqué que c’était tout le contraire : je devais simplement donner ma perception de Jésus, des chrétiens, et cela m’a intéressé. Jésus est partout, il est toujours l’« influenceur » d’une quantité de courants, de mouvements : dans la mode, dans l’art, dans la culture et dans nos modes de vie. Puisque l’on m’a fait l’honneur de me nommer rédacteur en chef, j’ai voulu montrer l’impact, même invisible, de Jésus, son omniprésence. J’espère que nous y sommes parvenus, l’équipe du magazine et moi.

C’est une certitude ! Dans votre monde à vous, quelle est son influence ? Tout d’abord, je suis allé au catéchisme…

Bon ! Vous connaissez les rudiments… (Rires.) Oui, ses phrases ont résonné un certain nombre de fois dans ma vie, mais je n’ai pas tout suivi à la lettre, parce que c’est compliqué, pour être très sincère. Le message de Jésus est parfait, or qui est parfait sur terre ? Surtout pas moi ! Mais cela m’a aidé, particulièrement dans les moments difficiles. Je pense que, pour les personnes qui sont croyantes – et pratiquantes surtout –, Jésus est une aide au quotidien. J’ai pour l’instant une force intérieure qui me suffit, mais je crois qu’il est une bonne béquille pour ceux qui en éprouvent la nécessité.

Si vous avez cette force, c’est peut-être qu’il est déjà là… Alors là, je n’en sais rien ! (Rires.)

Toute force procède de lui, disent les saints dont les icônes nous entourent dans cette église… Oui, c’est possible, ils disent aussi que la voix est ce qui relie l’homme à Dieu et c’est peut-être pour cela que je chante. Est-ce que c’est ma façon à moi de me sentir plus proche de lui ? Je ne sais pas.

« La voix est ce qui relie l’homme à Dieu »

Vous dites que vous n’êtes pas pratiquant, mais rappelez-vous ce que disait saint Augustin : « chanter, c’est prier deux fois » ! Alors, je suis super pratiquant !

En tout cas, deux fois plus que moi, qui ne chante jamais car je chante très faux… Il paraît que c’est un don. Beaucoup m’ont dit : « C’est un don de Dieu. » Pourtant, ma démarche est personnelle, presque égoïste : je me suis mis à chanter pour aller mieux dans les moments difficiles. Ensuite je me suis rendu compte que cela faisait du bien aux gens, c’est formidable ! J’ai eu la chance de chanter dans des lieux saints et je me suis aperçu qu’il y avait une dimension supplémentaire, c’est certain. L’album enregistré avec les prêtres orthodoxes a élevé mon âme. Je ne pensais pas que cela allait me nourrir autant, aussi bien au niveau artistique, émotionnel que spirituel.

C’est venu étancher une soif d’absolu ? Exactement. C’est venu à un moment précis où, manifestement, j’en avais besoin et, quand je chante avec eux, je me sens décoller.

« L’album enregistré avec les prêtres orthodoxes a élevé mon âme. Je ne pensais pas que cela allait me nourrir autant »

Parlez-nous de la genèse du projet. Tout a commencé sur un plateau de télévision. Des prêtres orthodoxes passaient dans l’émission The Voice. Ils avaient des voix magnifiques, j’ai eu tout de suite envie de travailler avec eux et l’on s’est rencontrés. Quand on lance un projet comme celui-là, on sait que l’on s’engage pour plusieurs mois, voire des années. Le facteur humain est très important. Il faut qu’il y ait une cohésion, une entente. En les voyant, je me suis demandé comment on pouvait s’engager comme ça, dans cette direction, à un si jeune âge. Qu’est-ce qui les avait motivés, comment avaient-ils trouvé cette voie ? Ils m’ont tous répondu que c’était la musique. C’est ce qui les a unis. La musique a donné un sens à ma vie comme à la leur. Ils m’ont demandé s’ils pouvaient m’emmener dans leur univers – le chant sacré, chrétien orthodoxe, en slavon – et je leur ai demandé si je pouvais les attirer vers mon répertoire, plus pop, la grande chanson francophone… Cela a donné « Esperanto ».

Quel regard portez-vous sur le succès, vous qui vous êtes produit avec des monstres sacrés : Placido Domingo, Céline Dion, Michel Legrand, Aznavour… Aujourd’hui je suis dans la lumière, tant mieux, car cela m’a donné la joie de travailler avec eux. Le succès vous ouvre des portes et c’est tout, de mon point de vue. Je ne suis pas ébloui, j’ai mangé mon pain noir, je suis conscient que tout peut s’arrêter très vite. Je profite de l’instant présent et je veux m’élever artistiquement, j’apprends. Je veux grandir au niveau spirituel et artistique. Le succès peut vous broyer, j’ai trouvé mon équilibre.

Cette façon que vous avez d’appréhender le travail me fait penser à un artisan qui fait son compagnonnage. Je me revendique artisan ! Je suis un artisan de la musique. Pour moi c’est noble, d’être artisan, j’ai un immense respect pour eux. Ils ont l’amour de leur métier vu par la plus petite lucarne. C’est difficile, certains ont du mal à s’en sortir, mais ils continuent car c’est leur conviction, leur raison de vivre. J’ai la chance de chanter dans de grandes salles ou à la télévision mais j’aurais pu chanter dans le métro, dans les mariages, partout. C’est une vocation. Je trouve dommage que l’on prenne les choses à l’envers : vouloir devenir célèbre avant d’avoir accompli quelque chose. Je n’ai pas couru après cela. Plus je suis écouté, plus je suis heureux : mon travail fait écho.

C’est le timbre de votre voix qui exprime le mieux qui vous êtes ? Ma voix est mon meilleur CV. Dans ma voix, on peut tout trouver : mon parcours, mes écueils, mes fêlures. Je suis persuadé que si l’on n’a pas souffert, on n’a pas une voix émotive. On n’est pas connecté.

« Tout finit par des chansons », disait Beaumarchais. Laquelle finirait le mieux cette interview ? Ils s’aiment (de Daniel Lavoie), pour mettre un peu plus de respect et d’amour dans le monde.

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